Journées Rennes

Plaquette2014

Compte-rendu (Secrétaire : Christophe Correc)

AEMDT – Compte-rendu des 20 et 21 Novembre 2014 – Rennes

Les 20 et 21 novembre se sont tenues les journées AEMDT 2014 à Rennes, des journées un peu particulières puisque organisées en lien avec la journée Treuzkas du Pont Supérieur de Rennes le 20 novembre. La journée du 21, quant à elle, était articulée autour d’une intervention de Johanni Curtet «Les transmissions du höömij en Mongolie » et l’assemblée générale de l’AEMDT dans les locaux du CRR de Rennes.

« Treuzkas » Journée professionnelle de réflexion et de recherche artistiques dans le domaine du spectacle vivant organisée par Le Pont Supérieur, Pôle d’Enseignement Supérieur Spectacle Vivant Bretagne Pays de la Loire
Plaquette de présentation à télécharger  :
http://www.lepontsuperieur.eu/upload/tinyMCE/2014_09_15_08_58_36.pdf

Cette journée était construite autour de 3 thématiques et d’un concert de clôture.

Rem : Il aurait été par trop fastidieux de vous en faire un compte-rendu précis et exhaustif, vous ne retrouverez donc ici que les grandes lignes de ce qui s’y est dit.

  1. L’expérience de la transmission artistique par imprégnation

Avec Charles Quimbert, Marc Clérivet, Brigitte Cloarec, Michel Lebreton, Marie-Barbara Le Gonidec, Erik Marchand, modérateur : Philippe Krümm

Est souvent revenu dans les échanges la notion de contexte : social, culturel …

A été soulevée la différence entre imprégnation (« enfant buvard ») et appropriation (adolescent, volonté de se singulariser) (C. Quimbert)

Quelques réflexions sur « l’enseignant » (terme non utilisé)

  • La position du transmetteur est subjective et arbitraire. (C. Quimbert)
  • L’affectif joue un rôle important dans la transmission. (B. Cloarec)
  • On transmet, on enseigne et plus largement on éduque. (M. Lebreton)
  • On accompagne la personne vers là où elle veut aller. La notion de gestation a été évoquée (M. Clérivet)
  1. Des musiciens ethnomusicologues ?

Avec Eric Montbel, Johanni Curtet, Yves Defrance, Luciana Penna-Diaw, Marthe Vassallo, modérateur : Emmanuel Parent

E. Montbel interroge l’utilisation de l’ethnomusicologie : comme expertise ? Comme garant moral ? Pour assumer une mise à distance de l’objet « musique traditionnelle »

L. Penna-Diaw insiste sur une nouvelle posture dynamique et engagée des ethnomusicologues. Elle propose une expertise ethnomusicologique par rapport à la qualité de la transmission. On ne peut pas tout transmettre en un temps donné, il faut donc pouvoir faire des choix.

J. Curtet fait part de son expérience. Il est arrivé à l’ethnomusicologie par la musique, pour mieux appréhender une pratique musicale. Cette compréhension lui a permis par la suite d’affiner sa pratique. Il fait aussi remarquer les échanges et enrichissements permanents entre sa pratique de musicien et celle d’ethnomusicologue.

2. Une tradition au XXIe siècle ?

Avec Lisardo Lombardia, Ronan Guéblez, Vonig Fraval, Sylvain Girault, Laura Jouve-Villard, Clément Le Goff, modérateur : Philippe Krümm

Pas tout à fait dans le sujet, le Festival Interceltique de Lorient et la BAS (Bodadeg ar Sonerion) rebaptisée aujourd’hui Sonerion ont présenté leur historique et leur chiffre (nombre de groupes bretons à jouer au FIL pour l’un, nombre de bagadoù pour l’autre)

R. Guéblez a évoqué la question du lien entre organisateur d’événement (fest-noz) et le public en soulignant le risque de spécialisation (fermeture) de ces manifestations. ( ≠ universalité)

L. Jouve-Villard présente la parabole du bateau de Thésée : le bateau est entretenu régulièrement, on y change notamment les planches quand elles sont pourries. Au bout d’un certain nombre d’années, toutes les planches d’origine ont été changées. Est-ce encore le bateau de Thésée ?
Gérard Lenclud a ajouté l’idée de quelqu’un qui récupérerait les planches pourries et les valoriserait en les présentant dans un autre contexte. Est-ce plutôt là le bateau de Thésée ?
L. Jouve-Villard utilise le terme de transformateur fidèle et propose de s’intéresser au chapelier (organisateur / musicien / public) plutôt qu’au chapeau (musique traditionnelle)

S. Girault explique que la salle de spectacle « Le Nouveau Pavillon » à Bouguenais (Nantes) a dès le début été pensé comme un médiateur entre les musiques traditionnelles et le public. Il fait remarquer la faible place de ces musiques dans les médias et le peu de salles spécialisées. Il met en exergue l’idée d’alternative, de contre-culture des musiques traditionnelles

Concert « Bretagne sous influences »

Ce concert a été construit dans le cadre du Pont Supérieur. C’était l’une des épreuves des cinq étudiants de la promotion 2014. Un concert joyeux, inventif avec une musique investie, réfléchie, des choix esthétiques assumés, un exemple d’appropriation de la tradition, un excellent niveau musical.

Si l’on ne peut que se réjouir du nombre et de la qualité des intervenants, on a pu regretter un temps de parole limité pour chacun et des échanges timides.

Journée du 21 novembre

Intervention de Johanni Curtet « Les transmissions du höömij en Mongolie »

Résumé
Le höömij, chant diphonique mongol, n’était pas une forme spectaculaire avant les années 1950. Confrontée à l’histoire de la Mongolie à travers la période soviétique, cette technique vocale s’est transformée pour devenir un art de scène, selon des canons esthétiques à la fois occidentaux et mongols soviétisés. Cette pratique a continué d’évoluer dans le postsoviétisme après 1990, en entrant dans l’enseignement académique, tout en intégrant les influences culturelles d’une mondialisation croissante. D’une forme traditionnelle pratiquée dans des contextes répondant à des besoins culturels précis, le höömij est devenu un moyen de création contemporain, transmis dans le monde entier et reconnu depuis 2010 comme Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité par l’UNESCO. L’académisation, la patrimonialisation et la grande diffusion à travers le concert et l’enregistrement ont participé à fixer des éléments de la pratique tout en laissant une place aux innovations. Ce cas d’étude permettra de s’interroger plus largement sur la transmission musicale dans le contexte mongol, prenant de multiples facettes, cristallisées dans les pratiques des « diphoneurs ».

Plus d’information :http://www.ethnomusicologie.fr/la-sfe/annuaire/userprofile/jcurtet

L’intervention très appréciée de Johanni Curtet a fait écho à de nombreuses questions que nous pouvons nous poser :

  • la relation maître / élève
  • le passage d’un « art des steppes » à un « art de la scène »
  • l’académisation de cet art et ses conséquences :
  • le déplacement de ce qui est perçu comme important dans cet art
  • un mode de transmission différent entre l’académie et le milieu dont ce chant est issu

Les quelques cd et dvd disponibles ont très rapidement disparu…

Assemblée Générale 2014

Ordre du jour :

  • réflexion sur ce qu’on peut apporter aux autres esthétiques par rapport à nos pratiques d’enseignement (notamment à l’intention des collectivités)
  • site internet
  • membres associés

Henri Tournier propose que chacun fasse un petit compte-rendu de ces journées à destination des étudiants.

Est souligné l’intérêt d’avoir pu participer à Treuzkas. Les thématiques étaient intéressantes même si l’on a pu regretter que les échanges induits aient eu lieu plutôt dans le hall que dans l’auditorium. Cette journée a aussi permis de faire connaître l’AEMDT à un public plus large.

  • Création du statut de membre associé (adopté à l’unanimité)

Extrait de l’article 4 des statuts :

L’association se compose de membres actifs et de membres associés.

Les membres actifs sont les professionnels de l’enseignement des musiques et des danses traditionnelles dont la demande d’adhésion est acceptée par le Conseil d’Administration. Est considéré comme professionnel toute personne dont l’enseignement des musiques et danses traditionnelles est la principale source de revenus.

Les membres associés sont des personnes physiques ou morales (associations dans ce cas) aux compétences reconnues dans le domaine des musiques et danses traditionnelles et dont la demande d’adhésion est acceptée par le Conseil d’Administration.

Membres actifs et membres associés versent annuellement une cotisation dont le montant est fixé par l’assemblée générale.

Une discussion non close à ce jour est entamée s’agissant de la possibilité pour les membres associés de faire partie du conseil d’administration et à fortiori du bureau.

De l’avis général, il est important que le site soit dynamique et qu’il reflète les discussions et actions de l’AEMDT, qu’il soit aussi site ressource quant aux réflexions, évolutions autour de notre métier. Il est proposé qu’on puisse y retrouver :

  • les interventions de Johanni Curtet de cette année et de Ingrid Le Gargasson « D’un monde à l’autre : Réflexions sur la diversité des contextes d’enseignement de la musique hindoustanie (Inde du Nord) » (journées AEMDT 2013)
  • la carte des cours (carte + tableau en circulation)
  • les contributions des membres (ex : l’intervention de Michel Lebreton à Treuzskas)
  • un forum
  • un suivi des informations par rapport à nos métiers (réforme territoriale)
  • des liens vers d’autres structures

Se pose la question de la construction du site. Gérald Guillot s’était proposé de mener à bien cette action. Il s’est excusé de ne pouvoir être présent et maintient sa proposition.

  • Prochaines rencontres

Michel Lebreton propose le nord (Lille ou Calais) avec les interventions de Etienne Bours et de Hubert Boone (non contactés à ce jour).

Des interventions sont suggérées :

  • un représentant d’une société musicale
  • un luthier (Rémy Dubois est évoqué)

Est soulevé le fait que l’AEDMT n’étant pas très riche, les interventions sont faites à titre gratuit, les frais de déplacement sont néanmoins pris en charge.

De l’avis général, ces journées sont accessibles à un plus grand nombre si elles se tiennent pendant les vacances. Il est proposé de les organiser pendant les vacances de la Toussaint. Est discuté également le planning de ces journées avec la tenue de l’assemblée générale dès le premier soir (la veille des journées proprement dîtes)

Emmanuel Monnet propose de se renseigner sur la possibilité d’organiser de futures journées AEMDT à Montluçon

***

Conseil d’administration 2014/2015 :
Laurent Bigot
Dominig Bouchaud
Christophe Correc
Christophe Delaeter
Nathalie Drant
Françoise Etay
Christian Faucheur
Isabelle Garcia
Gérald Guillot
Jean-Yves Herlédan
Mikaël Jouanno
Michel Lebreton
Maya Mihneva
Véronique Piron
Henri Tournier

Bureau :
Michel Lebreton : président
Françoise Etay : vice-présidente
Mikaël Jouanno : trésorier
Christophe Correc : secrétaire